Une journée humide.
Voisine absente pour deux jours, ça fait très bizarre. Un peu comme si une partie de ce qui définissait ma prépa' n'était plus là.
Quatre heures de cours de maths, où je ne comprends décidément rien, ou presque, où tout va trop vite, où tout va trop fort. Je désespère.
Et ça y est, à midi, c'est le craquage total. Quinze minutes d'humidité, j'en ai le maquillage défait, les yeux qui piquent beaucoup. Et en dix minutes, je tente de me faire une figure... avant de foncer pour la contraction de français. Trois heures. Faite en 2h30 maximum, après un premier jet où il manquait moins d'une centaine de mots. Je le sens tellement mal, j'ai l'impression de l'avoir raté, même si j'ai extrêmement bien découpé le texte par rapport à d'habitude.
Personne n'a rien vu de mes yeux. Philippe a eu mon SMS. Il m'a répondu. Il passe le soir, durant deux heures. Maths. Pour refaire ces quatre heures matinales. Cela me soulage.
Et puis, à 17 heures, je sors courir. Je cours durant 20 toutes petites minutes, mais le monde est trop présent autour de moi, les cris d'enfant me dérangent, les muscles me tirent, la fatigue me prend, j'arrête. J'arrête, en me sentant bien.
Je l'appelle, elle, ma Pareille, pendant plus d'une demi-heure. Je crois que j'en avais besoin.
Et le dîner, au début je voulais manger avec Sophie seulement, je ne voulais pas parler aux autres, je voulais être seule tout simplement, seule avec elle, parce qu'on se suffit à deux, elle a raison. Et puis, Kévin a téléphoné, le Cerveau, Kévin quoi. Finalement nous mangeons à trois, et ça se passe très bien, parce qu'il est là, c'est lui et pas un autre.
Je passe prendre le câble iPhone chez lui, pour Philippe, et nous discutons. Un peu.
Ces deux heures avec Philippe sont étranges, c'est comme si sa seule présence suffisait pour que je comprenne mieux ce que je n'avais pas compris le matin. Sans lui, je ne sais pas si j'aurais eu le courage de reprendre ces quatre heures. Avec lui, ça m'a paru si naturel. Moins lourd.
Mais lui, il ne va pas bien, et je déteste cela. Mis à part le fait que cela m'affecte personnellement, c'est quand même quelqu'un d'important pour moi, et c'est moche s'il est triste non ? Et c'est triste s'il pleure.
Je crois avoir bien passé une demi-heure à tenter de le rassurer. Je ne peux pas faire plus, je ne suis pas assez douée.
Mais parler, avec lui, avec K., c'est le bien incarné.
Bilan : quinze minutes de larmes, quatre heures d'incompréhension, trois heures de doute, trente minutes de souffrance musculaire, trente minutes de téléphone, des pâtes carbo', des prises de conscience, des « Sans eux ce ne serait pas possible de vivre », de l'amitié à fond les ballons.
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